Semée entre septembre et la mi-octobre, la vesce d’hiver couvre les planches vides pendant toute la saison froide, puis fixe l’azote de l’air grâce aux bactéries logées dans ses racines. Une parcelle bien développée restitue à la culture suivante de l’ordre de 80 à 100 kg d’azote par hectare, soit 8 à 10 g par m². De quoi nourrir des courges gourmandes sans acheter le moindre engrais organique.
Début octobre, la fenêtre de semis est encore ouverte, mais plus pour longtemps.
- La vesce d’hiver fixe 80 à 100 kg d’azote par hectare pour les cultures suivantes
- La vesce velue résiste jusqu’à -15 °C, contrairement à la vesce commune plus fragile aux hivers continentaux
- La destruction à la floraison en avril-mai maximise l’azote fixé et prévient les semis spontanés
Vesce velue ou vesce commune : laquelle choisir ?
Deux espèces se partagent l’appellation. La vesce velue (Vicia villosa), reconnaissable à ses tiges poilues et à ses grappes violettes, résiste à des gelées de -15 °C, parfois davantage. La vesce commune d’hiver (Vicia sativa), plus fine, encaisse nettement moins bien les hivers continentaux et convient surtout aux régions océaniques ou méditerranéennes. En Alsace, dans le Massif central ou en Bourgogne, la velue est le choix raisonnable.
Dans les deux cas, la plante grimpe grâce à ses vrilles et s’effondre au sol si on la sème seule. D’où l’habitude de l’associer à une céréale, seigle forestier ou avoine, qui lui sert de tuteur.
Semer à l’automne, détruire à la floraison
Le semis se fait à la volée sur un sol ratissé fin, à raison de 3 à 5 g de vesce par m² quand elle est seule. Dans un mélange, compter grossièrement 2 g de vesce pour 8 g de seigle au m². On griffe pour enterrer les graines à 2 ou 3 cm, on tasse, et on arrose si l’automne reste sec.
Une vesce semée après la mi-novembre ne dépassera guère le stade de plantule.
Au printemps, tout se joue à la floraison, vers avril-mai selon les régions, quand les premières fleurs violettes s’ouvrent. À ce stade, la plante contient le maximum d’azote et n’a pas encore produit de graines viables. On la fauche, on la couche au rouleau ou à la main sur une petite surface, puis on la laisse en paillis une à trois semaines avant de planter. Si on la laisse monter en graines, ses semences dures resteront dans le sol et lèveront l’année suivante, en adventices.
Ce qu’elle apporte à la planche, et à ce qui la suit
Le couvert limite le lessivage des nitrates pendant les pluies d’hiver et protège la structure du sol contre la battance. Sa biomasse atteint plusieurs tonnes de matière sèche à l’hectare, un paillis gratuit qui freine les adventices au printemps.
Ses fleurs mauves nourrissent bourdons et abeilles solitaires dès avril.
En rotation, la vesce précède idéalement les légumes gourmands : tomates, courges, poivrons, choux repiqués. Il vaut mieux éviter pois, fèves et haricots, qui appartiennent aussi à la famille des fabacées et partagent avec elle plusieurs maladies du sol. Les semis fins comme les carottes ou les radis lèvent mal dans des résidus encore frais, le repiquage de plants reste donc plus sûr.
Dernier écueil : un sol lourd, détrempé tout l’hiver, fait pourrir la vesce sur pied. Sur argile, le seigle seul ou la féverole d’automne s’en sortent mieux.