Faire un châssis de jardin : construction et utilisation

Un châssis de jardin se fabrique en une demi-journée, avec quatre planches et une vieille fenêtre. Le principe tient en une phrase : une caisse sans fond, posée à même la terre, coiffée d’un couvercle transparent incliné vers le sud. À l’intérieur, la température dépasse de plusieurs degrés celle du dehors, assez pour garder de la salade vivante sous le givre.

Octobre est le bon moment pour s’y mettre.

À retenir
  • Le mélèze et le douglas résistent à l’humidité sans traitement chimique, contrairement aux palettes traitées au bromure de méthyle.
  • Un mur sud positionne le châssis pour capter le maximum de lumière hivernale avec une pente d’au moins dix degrés.
  • L’enfouissement du cadre de 5 cm limite les courants d’air et bloque les passages de limaces.
  • Une couche de fumier frais sous 15 à 20 cm de terre crée une fermentation qui chauffe le sol pendant plusieurs semaines.

Où le poser, et avec quels matériaux

L’emplacement décide de tout. Le dos du châssis regarde le nord, le vitrage le sud, ou le sud-est si l’on veut le soleil du matin, qui réchauffe vite. Un mur, une haie ou une clôture juste derrière coupe le vent froid dominant. Les cuvettes où l’air glacé stagne sont à éviter, le gel y dure plus longtemps qu’en haut du terrain.

Côté bois, le mélèze et le douglas résistent à l’humidité sans traitement chimique, un point qui compte quand la terre touche les planches et que vous mangerez ce qui y pousse. Prévoyez des planches de 20 à 25 mm d’épaisseur.

La palette de récupération fonctionne aussi, à condition de lire le marquage. Le sigle HT indique un traitement thermique, acceptable au potager, tandis que MB signale un traitement au bromure de méthyle, à écarter absolument. Une fois démontées, ses planches fournissent un caisson gratuit, mais plus fragile.

Pour le couvercle, une ancienne fenêtre en simple ou double vitrage reste la solution la plus économique, on en trouve en ressourcerie ou en déchetterie. Le polycarbonate alvéolaire de 4 à 6 mm est plus léger et résiste à la grêle. Il laisse passer environ 80 % de la lumière tout en isolant mieux que le verre simple. Le film plastique tendu sur un cadre coûte presque rien, mais les UV le font vieillir en deux ou trois saisons.

Un châssis de 45 cm de haut ne demande aucune démarche d’urbanisme, puisque les serres de moins de 1,80 m en sont dispensées. Dans un secteur protégé ou en copropriété, un coup de fil à la mairie ou au syndic reste prudent.

Construire le caisson, du couvercle au sol

Commencez par le couvercle : ses dimensions fixent celles de la caisse.

Une fenêtre de 1 m sur 1,2 m donne un châssis maniable, dont on atteint chaque coin sans poser le pied sur la terre cultivée. Au-delà de 1,2 m de profondeur, on s’étire mal jusqu’au fond. Le dos monte à 45 cm, l’avant à 25 cm environ, pour une pente d’une dizaine de degrés au minimum, suffisante pour évacuer la pluie et présenter la vitre au soleil bas de l’hiver.

Découpez deux flancs en trapèze, un panneau arrière haut et un panneau avant bas, puis vissez-les sur des tasseaux d’angle de 4 × 4 cm avec des vis galvanisées ou inox. Fixez le couvercle par deux charnières côté dos, et prévoyez une réglette crantée pour le maintenir entrouvert.

Au sol, retirez le gazon et ameublissez la terre sur 25 cm avant de poser la caisse. Enterrer le cadre de 5 cm limite les courants d’air et les passages de limaces. Une couche de 3 à 5 cm de compost mûr, mélangée à la terre, nourrit les jeunes plants dès le départ. Si le jardin héberge des campagnols, un grillage fin tendu au fond de la caisse les tient à distance.

Les maraîchers parisiens du XIXe siècle allaient plus loin : leurs châssis reposaient sur des couches de fumier de cheval, dont la fermentation chauffait le sol par en dessous. La recette tient toujours : on creuse 40 cm, on tasse du fumier frais, on recouvre de 15 à 20 cm de terre. La chaleur dure plusieurs semaines, de quoi semer des radis dès la fin de l’hiver.

Le faire travailler d’octobre à mai

En octobre, la mâche, l’épinard, la laitue d’hiver, la roquette et le cresson alénois se sèment encore sous abri. La mâche encaisse

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