Le paillage se retire, ou plutôt s’écarte, quand le sol a besoin de se réchauffer : à la fin de l’hiver, entre mi-mars et fin avril selon les régions, dès que la terre dépasse 8 à 10 °C à cinq centimètres de profondeur. En été, on le laisse en place. Et à l’automne, on le remet, en partie seulement.
- Le paillage s’écarte quand la terre dépasse 8 à 10 °C à 5 cm de profondeur.
- Il se retire entre mi-mars et fin avril selon les régions.
- En été, on le laisse en place ; à l’automne, on le remet en partie.
Fin d’hiver : écarter pour laisser le sol se réveiller
Une couche de 8 à 10 cm de paille ou de feuilles mortes protège très bien du gel. Elle freine aussi le retour de la chaleur au printemps. Un sol couvert peut accuser plusieurs jours de retard sur une terre nue, ce qui compte pour les semis de carottes, de radis ou de petits pois.
Un thermomètre de sol, qu’on trouve pour quelques euros, évite de deviner.
Le geste consiste à tirer le paillage sur 20 à 30 cm de chaque côté de la future ligne de semis, sans l’évacuer. Sur les buttes de pommes de terre ou les planches de tomates, on attend davantage : les plants ne vont en terre qu’après les derniers risques de gelée, vers la mi-mai dans la moitié nord du pays. Le paillage peut alors être étalé de nouveau, dès que les plants ont pris, pour garder l’eau et la chaleur accumulées.
Les limaces, elles, adorent le paillage humide. Dans un jardin où elles prolifèrent, mieux vaut dégager les abords des jeunes salades et des choux, en particulier après un hiver doux.
Pourquoi on ne le retire pas tout à fait
Beaucoup de jardiniers ramassent tout, par souci de propreté. C’est une erreur coûteuse. Un sol nu perd son humidité plus vite, forme une croûte de battance sous la pluie et laisse les adventices reprendre en quelques semaines.
Mieux vaut raisonner en couches. Le paillage grossier, comme la paille ou les branches broyées, se décompose lentement et nourrit la vie du sol : vers de terre, collemboles, champignons. Un paillage déjà décomposé en surface, devenu quasi terreau, peut simplement être incorporé en griffant les 2 ou 3 premiers centimètres avec une griffe ou un croc.
Les vers de terre remontent d’ailleurs en nombre sous une couverture épaisse, et leurs galeries améliorent l’infiltration de l’eau.
Les fraisiers demandent un traitement particulier. Leur paillage de paille, posé en avril-mai pour garder les fruits propres, reste en place jusqu’à la fin de la récolte. Une fois les derniers fruits cueillis, on le retire pour éliminer les limaces et les parasites qui s’y sont installés, et on coupe les vieilles feuilles.
Les cas où il faut le retirer sans attendre
Certaines situations imposent d’intervenir en pleine saison. Un paillage détrempé et tassé, qui sent l’aigre ou développe un feutrage blanc dense, étouffe le sol. On l’aère à la fourche ou on le retire de la zone concernée.
Les rongeurs en sont une seconde raison. Les campagnols colonisent volontiers les paillages épais installés au pied des arbres fruitiers, où ils rongent l’écorce en hiver. Le paillage doit rester à 10 cm environ du tronc, toute l’année, pour éviter aussi les pourritures du collet.
Dernier cas : les maladies. Après une attaque de mildiou sur les tomates ou de rouille sur les poireaux, les débris infectés qui traînent sous le paillage hébergent les spores jusqu’à la saison suivante. On retire alors la couche contaminée, on l’éloigne du potager, puis on la brûle ou on la dépose en déchetterie. Le compost domestique atteint rarement les températures nécessaires pour détruire ces agents.
Le calendrier pratique, selon vos cultures
Sur les planches de légumes-racines, on dégage au printemps puis on repaille quand les plantules atteignent 5 à 10 cm. Les courges, courgettes et tomates, gourmandes en chaleur, préfèrent un sol d’abord réchauffé, puis couvert en juin pour tenir pendant les épisodes de sécheresse. Les vivaces comme la rhubarbe, l’artichaut ou les petits fruits gardent leur manteau, simplement renouvelé d’une poignée de matière fraîche.
À l’automne, après les premières pluies, on couvre à nouveau les zones nues avec des feuilles mortes, de la tonte séchée ou des broyats. Une couche de 5 cm suffit pour commencer, qu’on complète avant les gelées.
Une planche d’ail plantée en octobre en offre un bon exemple : on la paille tout de suite, et on écarte la couverture seulement si les bulbes tardent à lever en mars.
Le paillage le plus durable est celui qu’on n’enlève jamais complètement : sur un sol vivant, la couche du dessous se transforme en humus pendant que celle du dessus protège.
Sources : pause-maison.ouest-france.fr