Planter des oignons en octobre ou en novembre, c’est possible, et même recommandé pour certaines variétés. Les bulbilles d’oignons blancs et rouges de printemps, comme les échalotes grises ou les ails, supportent très bien un hiver français et donnent des bulbes dès juin. Reste à choisir entre semis, bulbilles et plants, trois méthodes aux calendriers différents.
- Les bulbilles de variétés de jours courts se plantent à l’automne.
- Le semis direct demande cinq à six mois avant la récolte.
- Un compost bien mûr suffit, le fumier frais est à proscrire.
- La carotte éloigne la mouche de l’oignon quand elle est plantée à côté.
Semis, bulbilles ou plants : trois chemins vers le même bulbe
Le semis direct se fait de février à avril, en ligne, dans un sol réchauffé à une dizaine de degrés. C’est la voie la moins chère, et celle qui offre le plus grand choix variétal, mais la plus lente : comptez cinq à six mois jusqu’à la récolte.
Les bulbilles, ces petits oignons calibrés de 8 à 14 mm de diamètre, vont plus vite. Plantées en mars-avril, elles donnent des bulbes en juillet-août, avec une réussite bien supérieure à celle du semis pour un jardinier débutant. Les variétés de jours courts, qui forment leur bulbe dès que les jours atteignent 12 à 13 heures, peuvent se planter à l’automne.
Les plants en motte ou à racines nues, vendus en bottes au printemps, sont un compromis. Leur prix est plus élevé qu’un sachet de graines.
Trois mois d’avance, voilà ce que gagne le plant d’automne sur le semis de printemps.
Préparer le sol sans le gaver
L’oignon déteste le fumier frais. Un apport récent provoque des bulbes mous, qui pourrissent en conservation, et attire la mouche de l’oignon (Delia antiqua), dont les larves dévorent le collet. Un compost bien mûr, épandu à l’automne précédent à raison de 2 à 3 litres par mètre carré, suffit largement.
Le sol doit être meuble, drainant, au pH proche de la neutralité (6 à 7). Une terre argileuse qui garde l’eau en hiver est le pire scénario : surélevez alors la planche de 15 à 20 cm, ou plantez sur butte. Un griffage superficiel remplace avantageusement le labour, qui bouleverse la vie microbienne des 10 premiers centimètres.
Côté rotation, laissez passer au moins trois à quatre ans avant de remettre des alliacées (oignon, ail, poireau, échalote) au même endroit. Les maladies du sol, dont la fusariose et la pourriture blanche, survivent plusieurs années dans la terre. Un précédent de légumineuses, haricots ou pois, laisse un sol enrichi en azote sans excès, ce qui convient parfaitement.
La plantation, geste par geste
Posez la bulbille, pointe vers le haut, sans l’enfoncer complètement : le tiers supérieur doit affleurer, voire dépasser légèrement. Un oignon planté trop profond peine à grossir, car le bulbe se forme près de la surface.
Espacez les plants de 10 cm sur la ligne, avec 20 à 25 cm entre les rangs, pour permettre le binage. Pour des oignons de gros calibre, montez à 12 ou 15 cm. Les échalotes demandent un peu plus d’espace, environ 15 à 20 cm, car chaque bulbille en produit quatre à huit nouveaux.
Un arrosage de reprise suffit, ensuite la nature fait le travail. L’oignon a des racines courtes et fines, il tolère mal la concurrence : un paillage léger de tontes séchées ou de paille limite les adventices sans étouffer le collet. Retirez-le en juin, quand les bulbes commencent à grossir, pour qu’ils sèchent au soleil.
Le Calendrier varie selon les régions. Dans le Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen, la plantation d’automne est la norme, tandis qu’en Bretagne ou dans le Nord, un hiver humide pousse plutôt à attendre février-mars.
Associations, ennemis et récolte
La carotte est la compagne historique de l’oignon : son odeur éloigne la mouche de la carotte, et inversement, celle de la carotte perturbe la mouche de l’oignon. Alternez deux rangs de chaque en bande étroite. Les fraisiers, les betteraves et les laitues s’accommodent aussi de ce voisinage.
Tenez-les à distance des pois et des haricots, que les alliacées contrarient dans leur croissance. Le mildiou de l’oignon, favorisé par les printemps pluvieux et les feuillages serrés, se combat par l’aération des rangs et un arrosage au pied, jamais sur le feuillage.
La récolte se décide au feuillage. Quand environ la moitié des tiges est couchée et jaunissante, généralement entre juillet et août, arrêtez tout arrosage, puis arrachez les bulbes par temps sec. Laissez-les sécher deux à trois semaines au soleil ou dans un endroit aéré, avant de couper les fanes à 2 ou 3 cm.
Bien séchés, les oignons de garde se conservent de six à huit mois dans un lieu sec, frais et ventilé, entre 5 et 10 °C. Les variétés de printemps, plus tendres, se consomment dans les semaines suivant l’arrachage.
Dernier détail qui change tout : mettez de côté les plus beaux petits bulbes de la récolte, de 1 à 2 cm de diamètre, pour constituer vos propres bulbilles la saison suivante. Conservées à 10-15 °C, elles font économiser l’achat annuel de plants.
Sources : cycle-en-terre.com | willemsefrance.fr | mr-jardinage.com