Tout le monde laisse ses framboisiers tranquilles une fois les fruits cueillis : chez les producteurs, c’est à ce moment-là que se joue l’été suivant

La dernière framboise cueillie, la plupart des jardiniers referment le potager et n’y reviennent qu’au printemps. Chez les producteurs professionnels, c’est l’inverse : les semaines qui suivent la récolte comptent parmi les plus surveillées de la saison. Ce sont elles qui fixent, dès maintenant, le volume de fruits que vous cueillerez l’été prochain.

Une canne qui a fructifié ne redonnera jamais de fruits.

À retenir
  • Les cannes ayant fructifié doivent être coupées au ras du sol pour libérer l’espace aux jeunes pousses.
  • Maintenir 7 à 10 cannes par mètre linéaire espacées de 10 à 15 cm assure le meilleur compromis entre rendement et aération.
  • Un second nettoyage hivernal entre février et mars équilibre la plante et assure une meilleure fructification au printemps.

Le geste que les producteurs ne loupent jamais après la cueillette

Sur un framboisier non remontant, les fruits poussent sur les tiges âgées d’un an, celles qui se sont développées l’année précédente. Ces variétés ne donnent des fruits qu’une seule fois par an, généralement entre mi-juin et juillet, uniquement sur les cannes formées l’année d’avant.

Une fois ces cannes vidées de leur récolte, elles ne servent plus à rien : ni fleurs, ni fruits, seulement du bois sec qui prend la place des jeunes pousses. Les couper au ras du sol libère la lumière et l’espace pour les tiges qui porteront la récolte suivante. C’est ce geste, précisément, que la plupart des jardiniers amateurs oublient une fois le seau de framboises rentré à la cuisine. Un framboisier trop dense respire mal, ce qui ouvre la porte à des maladies comme la pourriture grise, et mieux vaut ne garder que 6 à 8 tiges vigoureuses par mètre linéaire.

Sans cette taille, les maladies s’installent et la récolte suivante trinque.

Remontant ou non remontant : la question qui change toute la taille

Avant de sortir le sécateur, mieux vaut savoir à quel type de framboisier on a affaire. Chaque canne suit un cycle précis : chez les non remontants, elle pousse une première année, fructifie la suivante puis meurt, tandis que chez les remontants, la partie haute porte des framboises en fin d’été et la partie basse peut produire l’année d’après. Confondre les deux revient à couper le bois qui devait justement donner la prochaine récolte.

Sur les remontants, la tentation est grande de tout rabattre dès l’automne pour faire place nette. Rabattre toutes les cannes remontantes à l’automne supprime pourtant la partie basse, celle qui devait porter la récolte de l’été suivant.

Certains producteurs choisissent alors de renoncer sciemment à la récolte de juin.

C’est la logique derrière la coupe totale en fin d’hiver, une méthode qui simplifie la gestion des deux âges de cannes. Cette méthode supprime la récolte de juin mais donne des fruits plus nombreux et plus gros en septembre-octobre. Beaucoup de jardiniers débutants adoptent cette solution, jugée plus simple à gérer que la double récolte.

Combien de cannes garder, et comment ne pas se tromper

Qu’il s’agisse d’un remontant ou d’un non remontant, la densité du rang reste déterminante pour la récolte. Conserver 7 à 10 cannes par mètre linéaire, espacées de 10 à 15 cm, offre le meilleur compromis entre rendement et aération du feuillage.

Les tiges fines, cassées ou couchées vers l’allée n’ont pas leur place dans le rang. Pour éviter que les tiges ne retombent sous le poids des fruits, un tuteurage avec deux fils de fer tendus de chaque côté de la rangée reste la meilleure solution. Ce palissage simple change la donne : moins de fruits abîmés au sol, une récolte plus rapide à réaliser.

Dix minutes de fil de fer, contre des kilos de framboises sauvées.

Le rendez-vous d’hiver, celui qu’on oublie

La taille d’après récolte n’est pas la seule à programmer. Un second nettoyage en hiver permet d’équilibrer la plante, de supprimer les rameaux inutiles et d’assurer une meilleure fructification au printemps suivant. Sécateur affûté et désinfecté à l’alcool, coupe nette au ras du sol, intervention par journée sèche et hors gel annoncé : ces précautions limitent la propagation des maladies. Chez les producteurs, ce double passage fait partie du calendrier fixe, au même titre que l’arrosage ou le paillage.

Sur les remontants conduits en double récolte, ce passage d’hiver se fait tôt, avant le débourrement. La taille principale intervient généralement entre février et mars, hors périodes de gel, et en climat continental ou montagnard, mieux vaut attendre la fin des grosses gelées pour ne pas affaiblir la souche.

Certains producteurs vont plus loin. Un projet québécois a testé l’implantation de framboisiers non remontants en culture hors-sol, une piste jugée intéressante puisque les plants peuvent être déplacés et mis à l’abri pour l’hiver. De quoi protéger les cannes des pires gelées sans toucher à la récolte d’été qui suit.

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