Si vos pieds de tomate ouvrent encore des fleurs à la fin du mois, ce n’est pas un bon signe : c’est ce qui empêche vos derniers fruits de mûrir

Un pied de tomate qui ouvre encore de nouvelles fleurs fin septembre n’annonce pas une récolte prolongée. C’est même l’inverse : en septembre, il peut encore rester quelques fleurs sur les plants, qui ne donneront jamais de fruits, et il est préférable de les éliminer pour éviter que la plante ne mette toute son énergie dans ces fleurs au détriment des derniers fruits. Ces boutons tardifs pompent de la sève et des sucres sans jamais produire une tomate comestible.

La raison tient à un simple calcul de calendrier.

Une fleur met habituellement de 45 à 60 jours pour produire une tomate mûre, les nouvelles fleurs apparues à cette période ont très peu de chances de donner des fruits avant les premiers gels. Le plant, lui, ne sait pas que le froid arrive. Il continue à fabriquer des bourgeons floraux tant que la température et la lumière le permettent, exactement comme au mois de juillet.

À retenir
  • Une tomate met 45 à 60 jours pour mûrir, les fleurs de fin septembre n’auront pas le temps de produire avant les gelées
  • Les nouvelles fleurs et pousses pompent la sève qui devrait nourrir les fruits existants, les rendant plus petits et moins sucrés
  • Retirez les fleurs et les minuscules fruits 4 à 6 semaines avant la première gelée attendue, sans enlever le feuillage vert

Un calcul de calendrier que la plante ignore

La plante continue pourtant à produire des fleurs et des gourmands, ces pousses qui partent de l’aisselle des feuilles, et qui consomment énormément d’énergie ; lorsque l’on a laissé la plante fleurir sans limite à cette période, une partie de la sève s’est dispersée dans des bouquets qui n’auront jamais le temps de devenir rouges. Résultat observé chez de nombreux jardiniers : des fruits petits, moins sucrés, et des plants épuisés, sensibles au mildiou. Autant de tomates de septembre qui restent vertes et dures alors que les premières, plantées en avril, ont eu tout l’été pour grossir.

Le phénomène touche surtout les variétés indéterminées, celles qui grimpent sans jamais s’arrêter d’elles-mêmes. C’est un enjeu clé pour ces plants, qui continuent de pousser et de fleurir tant que le jardinier n’intervient pas. Les variétés déterminées, plus compactes, ralentissent naturellement leur production sans qu’on ait besoin d’intervenir autant.

Le geste à faire, et le bon moment pour le faire

La règle générale consiste à commencer à retirer les nouvelles fleurs environ quatre à six semaines avant la date moyenne de la première gelée de sa région. À ce stade, l’objectif change : il ne s’agit plus de produire davantage, mais de finir ce qui est déjà en cours de grossissement sur le pied. Pincer un bouton floral prend deux secondes entre le pouce et l’index, sans outil.

Un geste complémentaire consiste à retirer les toutes petites tomates, celles de la taille d’un pois qui n’ont manifestement pas le temps d’atteindre leur taille adulte avant les nuits fraîches. En parallèle, retirez les nouvelles fleurs, ainsi que les très petits fruits qui stagnent depuis plusieurs jours. Le plant redirige alors ses réserves vers les bouquets déjà bien formés, ceux qui ont une vraie chance de rougir avant l’automne.

Une erreur fréquente consiste à confondre ce geste avec un effeuillage massif.

Retirer des feuilles saines en fin de saison peut ralentir la maturation, car ces feuilles aident à nourrir la plante et à soutenir le mûrissement plutôt que de le freiner. Même les feuilles situées au sommet du plant continuent de produire des sucres grâce à la photosynthèse, sucres qui servent ensuite au mûrissement des fruits. On enlève donc les fleurs et les minuscules fruits, jamais le feuillage vert et fonctionnel.

Et les fruits déjà formés, comment les aider ?

L’arrosage mérite aussi d’être revu à la baisse. En fin de saison, l’essentiel est de faire mûrir les dernières tomates et non de favoriser la croissance des pieds, et il est conseillé d’espacer largement les arrosages, à raison d’une fois tous les 10 à 15 jours. Un pied qui reçoit moins d’eau concentre davantage ses sucres dans les fruits, un facteur qui joue directement sur le goût final.

Dès que le mercure descend sous les 10°C ou qu’une pluie s’installe durablement, mieux vaut récolter les fruits déjà bien développés plutôt que d’attendre qu’ils rougissent sur pied. Les tomates légèrement colorées finiront de mûrir à l’intérieur, dans une pièce tempérée, placées dans une cagette, sans les empiler, et vérifiées régulièrement. Les fruits complètement verts, eux, se prêtent surtout à la cuisine.

L’éthylène contenu dans les pommes facilite le mûrissement des autres fruits, et ces tomates vertes se préparent facilement en confiture parfumée à la cannelle, en ketchup ou en chutney. Une pomme posée dans la même cagette qu’un lot de tomates encore vertes accélère nettement leur passage au rouge, un vieux truc de grand-mère que la science confirme. Autant de solutions pour ne rien perdre d’une récolte de fin de saison, même quand l’automne s’annonce plus tôt que prévu.

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