Arrosage des aubergines : combien d’eau et à quel rythme

Entre 3 et 6 litres par semaine et par plant adulte selon certains guides, 5 à 8 litres selon d’autres : l’écart n’a rien d’une erreur. Le même pied n’a pas les mêmes besoins en sol argileux ou sableux, sous paillage épais ou à nu, en plantule ou en pleine fructification. L’aubergine apprécie les fortes températures mais reste sensible aux périodes de sécheresse prolongées.

La régularité compte plus que l’abondance.

À retenir
  • En pleine terre, deux à trois arrosages par semaine suffisent en règle générale.
  • Le test du doigt, enfoncé de quelques centimètres, indique le besoin réel du sol.
  • Arroser le matin au pied limite l’évaporation et évite les maladies du feuillage.
  • Le goutte-à-goutte apporte environ 0,5 litre par plant et par jour en été.

Combien d’eau, et à quel rythme

En pleine terre, les repères convergent vers deux à trois arrosages par semaine. Un guide estival indique 3 à 4 litres par pied, un autre 3 à 5 litres, deux fois par semaine. Sur un sol paillé, un apport tous les 2 à 3 jours suffit.

Le sol tranche. Un sol argileux retient l’eau longtemps, un sol sableux se dessèche vite, et par temps chaud et sec il faut doubler la fréquence, puis réduire quelques jours après une bonne pluie. Les tableaux ne remplacent donc pas l’observation. Le test du doigt reste le meilleur indicateur : on enfonce l’index sur quelques centimètres, et si la terre est sèche, on arrose.

Les volumes des tableaux concernent la croissance active, de mai à septembre, et se réduisent de moitié au printemps et à l’automne. Une fois les fruits noués, l’aubergine déteste le manque d’eau, et un déficit limite le calibre des fruits.

À la plantation, on tasse la terre autour des racines et on arrose aussitôt pour que le sol épouse la motte, avec des plants espacés d’environ 60 cm. Un fournisseur de semences compte ensuite environ 2,5 cm d’eau par semaine, soit 25 litres au mètre carré. Par temps chaud ou venteux, on surveille l’humidité du sol de plus près, car le manque d’eau freine la formation des fruits.

Au pied, tôt ou tard, jamais en plein midi

Le feuillage reste sec. Mouiller les feuilles favorise des maladies cryptogamiques comme le mildiou, d’où l’intérêt d’un arrosoir à bout fin, manié en cercles autour du pied. Le créneau compte aussi : entre 11 h et 17 h, les stomates se ferment pour limiter la transpiration et l’eau s’évapore en grande partie avant d’atteindre les racines. Le matin est donc le meilleur moment.

Cinq minutes de tuyau ne mouillent que les 2 à 3 premiers centimètres.

Or les racines de l’aubergine plongent bien plus bas, et les racines profondes réclament des arrosages généreux et moins fréquents. L’objectif est d’humidifier la terre en profondeur, pour que les racines s’enfoncent à la recherche d’eau et de nutriments. Le soir convient aussi : si le potager est bien aéré et qu’on arrose au pied, l’arrosage de fin de journée fonctionne très bien de juin à septembre.

Le goutte-à-goutte règle une bonne part du problème. L’eau arrive directement aux racines, sans gaspillage. Un fabricant de goutteurs propose, par plant et par jour, 20 cl au printemps, 0,5 L en été, et 0,75 à 1 L en canicule lorsque plusieurs fruits sont formés. Un demi-litre quotidien représente environ 3,5 litres par semaine, soit le bas de la fourchette citée plus haut. Les maraîchers professionnels font le même choix : la gaine souple de goutte à goutte posée lors du paillage est la méthode la plus pratiquée.

Le paillage prolonge l’effet. Avec 8 à 10 cm de paillis, un sol argileux peut tenir 4 à 5 jours en pleine terre l’été. Un bon paillage limite fortement l’évaporation.

Ce que mesure un essai en culture bio

Le GRAB, centre de recherche en agriculture biologique, a suivi en 2018 une aubergine greffée irriguée en goutte à goutte. Du repiquage au 7 juin, début de la récolte, les plants ont reçu 50 mm en 50 jours, soit 1 mm par jour. Au 1er octobre, après 165 jours, le cumul atteignait 242 mm en zone normale. Un millimètre d’eau correspond à un litre par mètre carré : sur la saison, cela fait près de 1,5 litre par mètre carré et par jour.

Les chiffres comptent deux régimes. Entre le 7 juin et la fin de culture, 192 mm ont été apportés en zone normale contre 151 mm en zone restreinte, soit 41 mm d’écart. Des aspersions, identiques dans les deux zones, s’y ajoutent : 100 mm avant la récolte, le double du goutte à goutte sur la même période, notamment pour favoriser la reprise puis limiter l’araignée rouge.

En pot, en excès, en manque : lire les signaux

En bac, la terre sèche plus vite, et on arrose presque chaque jour par forte chaleur.

Le légume ne tolère pas l’eau stagnante : on vide la soucoupe après chaque apport. Un sol bien drainé est impératif pour éviter la pourriture des racines. Si le plant a reçu trop d’eau, on stoppe tout arrosage et on aère la terre en surface avec une griffe pour favoriser le séchage.

Les légumes-fruits, dont l’aubergine, détestent l’irrégularité : elle fait éclater les tomates et chuter les fleurs des poivrons. Un excès d’eau provoque la pourriture des racines et des fruits, un manque ralentit la croissance et pénalise la récolte.

Les professionnels raisonnent par calcul : le besoin en eau est égal à l’évaporation de référence multipliée par un coefficient cultural. Ce coefficient vaut 0,5 à la nouaison des premiers fruits, puis entre 0,8 et 1 pendant la récolte. Au potager, cela se traduit par un geste simple : augmenter les apports dès que les premiers fruits commencent à grossir.

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