Feuilles de tomates couvertes de poudre blanche : oïdium ou autre ?

Des feuilles de tomates qui se couvrent d’une poudre blanche, c’est presque toujours de l’oïdium. Le champignon s’installe en été et en début d’automne, parfois dès que les nuits fraîches alternent avec des journées tièdes. Mais d’autres causes peuvent donner le même aspect, et le traitement n’est pas le même selon le coupable.

À retenir
  • La poudre blanche sur tomate est presque toujours de l’oïdium, transmis par l’air humide.
  • Un coup de doigt humide efface la poudre de l’oïdium, mais pas une tache de mildiou.
  • Le soufre mouillable reste le traitement bio de référence, à appliquer le soir ou tôt le matin.
  • Espacer les pieds de 50 à 60 cm et arroser au pied réduisent fortement le risque.

Oïdium : reconnaître la poudre blanche

Chez la tomate, deux champignons sont en cause : Leveillula taurica et Oidium neolycopersici. Le premier est plus fréquent sous abri et dans les régions sèches. Il provoque d’abord des taches jaunâtres sur le dessus de la feuille, le feutrage blanc n’apparaissant que dessous.

Le second dépose un duvet blanc visible sur les deux faces, qui s’essuie du doigt. Les feuilles les plus âgées, en bas du plant, sont touchées en premier.

Contrairement au mildiou, l’oïdium n’a pas besoin d’eau liquide pour germer. L’humidité de l’air suffit, d’où sa présence en serre mal aérée, y compris par temps sec.

Une température entre 20 et 25 °C et une hygrométrie élevée lui conviennent parfaitement.

Ce qui ressemble à de l’oïdium sans en être

Avant de sortir un traitement, vérifiez la nature de ce que vous voyez. Frottez la feuille avec un doigt humide : si la poudre disparaît, c’est probablement un champignon. Si la tache reste, cherchez ailleurs.

Le mildiou, bien plus redoutable, forme des taches brun-vert gras sur le feuillage, avec un léger duvet blanc au revers par temps très humide. Il progresse vite, atteint les tiges et les fruits, et peut détruire un plant en quelques jours. Là, aucune ressemblance avec une fine poudre uniforme.

Les aleurodes, ces minuscules mouches blanches, se concentrent sous les feuilles et s’envolent en nuage quand on secoue le plant. Elles laissent un miellat collant sur lequel se développe la fumagine, un dépôt noir. Les résidus de bouillie bordelaise, de lait ou de bicarbonate mal rincés peuvent aussi laisser un voile blanc.

Enfin, un coup de soleil sur un feuillage jusque-là abrité (après une taille ou un déplacement de plant) décolore les limbes en plaques blanchâtres et sèches.

Agir sans produit de synthèse

La première intervention est mécanique. Coupez les feuilles atteintes, surtout celles du bas, et sortez-les du jardin : mises au compost, elles peuvent disséminer des spores si le tas ne monte pas en température.

Aérez ensuite le plant. Supprimez les gourmands, espacez les pieds d’au moins 50 à 60 cm et palissez à la verticale. En serre, ouvrez les portes et les aérations tôt le matin, quand l’air est le plus chargé.

Le soufre mouillable reste le traitement de référence en agriculture biologique contre l’oïdium. Il s’emploie préventivement ou dès les premiers signes, mais perd en efficacité au-dessus de 28 à 30 °C et peut brûler le feuillage par forte chaleur. Appliquez-le le soir ou tôt le matin.

Le bicarbonate de potassium, autorisé en bio sous certaines formulations commerciales, agit en modifiant le pH à la surface de la feuille. La recette maison au bicarbonate de soude est très répandue, mais son efficacité reste limitée et irrégulière, et un excès de sodium abîme le sol.

Les purées et décoctions de prêle, riches en silice, renforcent la surface foliaire. Elles demandent de la régularité : une pulvérisation tous les 8 à 10 jours.

Le petit-lait dilué à 10 % dans l’eau, pulvérisé une fois par semaine, a donné de bons résultats dans plusieurs essais sur cucurbitacées. Rien n’est garanti pour la tomate, mais le coût est nul.

Prévenir dès la plantation

La prévention commence au choix des variétés. Certaines sont étiquetées résistantes à l’oïdium (code « On » sur les catalogues de semences), même si cette résistance concerne surtout les hybrides F1 et reste rare chez les variétés anciennes.

L’arrosage se fait au pied, au goutte-à-goutte ou à l’arrosoir sans mouiller le feuillage, de préférence le matin. Un paillage de 5 à 8 cm de paille ou de tontes séchées limite l’évaporation et les éclaboussures de terre contaminée.

Un excès d’azote produit un feuillage tendre et dense, très apprécié des champignons. Préférez un compost mûr à un engrais riche en azote, surtout après la floraison du deuxième bouquet.

La rotation compte aussi : ne replantez pas de tomates, de pommes de terre, d’aubergines ou de poivrons au même endroit avant trois à quatre ans.

Un plant touché n’est pas perdu : tant que les bouquets du haut restent sains, la récolte se poursuit, parfois avec des fruits un peu plus petits. En fin de saison, nettoyez les tuteurs et les ficelles à l’eau savonneuse, car les spores hivernent sur les débris végétaux et les supports.