Planter l’oignon à l’automne : variétés, bulbilles et récolte

Septembre à novembre : c’est la fenêtre pour mettre en terre les bulbes d’oignon, à condition de choisir la bonne variété. Les oignons « de printemps » ou « d’automne » (types Stuttgarter, Sturon, Radar, Senshyu, Rouge d’Automne) tolèrent le froid, les autres non. Planté trop tôt, un bulbe classique file à graine. Planté trop tard, il pourrit.

À retenir
  • Septembre à novembre est la période de plantation idéale pour les oignons d’automne.
  • Un oignon planté en octobre récolte une avance de plusieurs semaines sur ceux plantés au printemps.
  • Les bulbilles de 8 à 14 mm de diamètre sont le moyen le plus simple de réussir sa plantation.

Pourquoi planter à l’automne change la donne

Un oignon planté en octobre s’enracine avant les gelées, passe l’hiver au ralenti et redémarre dès que le sol se réchauffe, vers mars. Il récolte une avance de plusieurs semaines sur ses cousins plantés au printemps. Les bulbes sont prêts fin mai ou juin, au moment où les stocks de l’année précédente sont épuisés.

Autre avantage, la mouche de l’oignon (Delia antiqua), dont les larves dévorent les jeunes plants, pond surtout entre avril et septembre. Un oignon déjà costaud en mai lui offre une cible bien moins vulnérable. Côté sol, la terre d’automne est encore tiède et fréquemment humide, ce qui évite les arrosages de reprise.

Le revers existe. Ces variétés se conservent mal, trois à quatre mois au mieux, car leurs tuniques sont plus fines et leur teneur en eau plus élevée.

Bulbilles, plants ou semis : trois routes possibles

La méthode la plus simple reste le bulbille, ces petits oignons calibrés vendus en filets, généralement de 8 à 14 mm de diamètre. On les trouve en jardinerie dès fin août, en variétés spécifiquement adaptées à l’automne. Plus gros, ils montent plus facilement en fleur, donc le petit calibre est préférable.

Le semis direct est possible en août-septembre pour les oignons blancs, avec une levée en dix à quinze jours. Il demande plus de patience : on éclaircit à 8 ou 10 cm, et les plantules doivent atteindre la taille d’un crayon avant l’hiver. Trop petites, elles gèlent. Trop grosses, elles montent à graine au printemps.

Pour les jardiniers qui récupèrent leurs propres semences, l’oignon est une bisannuelle : il fleurit la deuxième année et donne des graines viables trois ans environ. Mais les variétés F1, très répandues dans le commerce, ne se reproduisent pas fidèlement.

Le geste : profondeur, écartement, emplacement

Choisissez une planche ensoleillée, drainante, où les oignons n’ont pas poussé depuis trois ans. L’ail, l’échalote, le poireau et la ciboulette appartiennent à la même famille, donc ils comptent dans la rotation. Les précédents idéaux sont les légumineuses ou les courges, qui laissent un sol meuble et riche sans excès d’azote.

Ne fumez pas à l’automne. Un compost frais ou du fumier non décomposé favorise le feuillage au détriment du bulbe et attire la mouche. Si le sol est pauvre, incorporez en septembre un compost bien mûr, à raison d’un à deux litres par mètre carré, griffé en surface.

Plantez les bulbilles à 10 cm d’écart sur la ligne, avec 20 à 25 cm entre les rangs. Enfoncez-les de façon que la pointe affleure tout juste la surface, ou soit recouverte d’un centimètre de terre au maximum. Un bulbe trop enterré s’étrangle et grossit mal. Pour les terres lourdes d’argile, buttez légèrement les rangs : l’eau stagnante est la première cause de pourriture hivernale.

Un paillage de 3 à 5 cm de paille ou de feuilles mortes déchiquetées protège du gel sévère, au-dessous de -10 °C. Dégagez-le dès la fin de l’hiver, sinon les limaces s’y installent.

Passer l’hiver, puis récolter

Les bulbilles peuvent soulever sous l’effet du gel et du dégel. Si cela se produit, repoussez-les à la main sans attendre, car leurs racines restent actives.

Dès mars, un binage léger et un désherbage régulier suffisent : l’oignon n’a pas de feuillage couvrant et supporte mal la concurrence. L’arrosage reste minimal, sauf en cas de printemps sec. Un apport de purin d’ortie dilué à 10 % en avril donne un coup de fouet à la croissance foliaire.

Les maladies à surveiller sont le mildiou (taches grisâtres sur les feuilles par temps humide) et la rouille. Une planche bien aérée, des plants espacés et une rotation de quatre ans limitent le risque. Associer des carottes au même carré dissuade en partie la mouche de l’oignon, avec une efficacité variable selon les jardiniers.

La récolte se déclenche quand le feuillage jaunit et s’affaisse, généralement fin mai à fin juin. Arrachez par temps sec, laissez sécher les bulbes quelques jours au soleil ou sous abri ventilé, puis consommez-les en priorité : ces oignons ne tiennent pas jusqu’à Noël.

Gardez un rang en plus pour les oignons-fanes : dès février, on les cueille en botte, avec leurs tiges vertes, comme des oignons nouveaux.

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