Le collet, cette zone blanche entre les racines et les premières feuilles, pourrit en quelques semaines lorsqu’il est enterré, et le plant meurt. C’est la cause la plus probable d’un fraisier planté en automne qui ne redémarre pas, bien plus que les gelées de janvier.
Le froid n’y est presque pour rien.
Le fraisier est rustique, et il supporte sans problème les dernières gelées légères. Les vrais cas de mortalité hivernale existent, mais ils concernent les plantations tardives : après la mi-novembre, le sol est trop froid pour que les racines s’installent. Pour les variétés non remontantes comme Gariguette ou Charlotte, la fenêtre court de la mi-août à la mi-octobre.
- Le collet enterré pourrit en quelques semaines, bien plus que le froid hivernal ne tue les fraisiers rustiques
- Le collet doit affleurer le sol : enterré, il pourrit ; trop haut, les racines se dessèchent
- Préparez la planche 3 à 4 semaines avant la plantation pour éviter l’enfoncement du collet dans une terre meuble
- Le paillage doit rester à 5-7 cm autour du pied sans couvrir le collet
Un collet à un centimètre près
Les racines forment le bas du plant, les feuilles le haut, et le collet fait la jonction entre les deux. Il doit affleurer le sol. Enterré, il pourrit ; trop haut, les racines se dessèchent. Dans les deux cas, le plant ne produit aucune feuille neuve au printemps, et on accuse l’hiver à tort.
Aucune profondeur en centimètres ne vaut ici : seul le collet compte.
Un piège classique tient à l’état de la terre. Dans un sol fraîchement travaillé et encore meuble, le tassement peut enfoncer le collet trop profondément. D’où le conseil de préparer la planche trois à quatre semaines avant la plantation, en bêchant sur 30 à 40 cm pour que la terre se pose avant l’arrivée des plants.
Ce qui se joue autour du collet
Le trou n’a pas besoin d’être profond. Environ 15 cm de profondeur sur 20 cm de diamètre suffisent pour étaler les racines à plat, sans les plier ni les orienter vers le haut. Pour les plants à racines nues, on recoupe les racines à 15-20 cm et on retire les feuilles abîmées.
L’arrosage vient ensuite, et il se dose. On tasse la terre autour des racines puis on arrose aussitôt, à raison de 0,5 à 1 litre par plant. Les racines du fraisier restent dans les 15 à 20 premiers centimètres du sol, ce qui les rend sensibles au sec comme à l’eau stagnante. Un contrôle au doigt, sur 5 cm de profondeur, évite d’arroser par réflexe : si la terre reste fraîche, on espace les arrosages.
Le paillage, geste bio par excellence, peut lui aussi se retourner contre le plant. Il se pose sur 5 à 7 cm d’épaisseur autour de chaque pied, sans couvrir le collet. Une couche de paille tassée contre la couronne revient, en pratique, à l’enterrer une seconde fois.
Diagnostiquer avant d’arracher
Un fraisier muet en avril n’est pas forcément perdu. Grattez délicatement la terre au pied : une couronne ferme, claire à la coupe, laisse espérer un redémarrage tardif, alors qu’une couronne brune et molle signe l’échec.
Dans ce second cas, replantez.
Pour les non-remontants, la prochaine fenêtre est l’automne, mais les remontants se plantent aussi au printemps, en mars-avril, avec un arrosage régulier au départ. Une fraiseraie bien installée reste productive trois à quatre ans, ce qui rend l’effort de la première plantation largement rentable.
Sources : lemagdeco.fr | maisondesdiagnostics.fr | le-colporteur.fr