Quel terreau pour semis en godet : tourbe, fibre de coco ou compost maison

Pour semer en godet, il faut un terreau de semis fin, léger et pauvre en éléments nutritifs, pas un terreau universel ni une terre de jardin. Les graines contiennent leurs propres réserves, et ce qu’elles réclament d’abord, c’est de l’eau et de l’air en proportion juste autour de la racine naissante.

À retenir
  • Un terreau de semis doit être fin, léger et pauvre en nutriments.
  • Le pH idéal se situe entre 6 et 6,5.
  • Les mélanges sans tourbe portent la mention AB et fonctionnent bien pour le bio.
  • Un compost trop jeune empêche la germination.

Ce qu’un terreau de semis doit offrir

La structure compte plus que la richesse. Un bon substrat de semis reste souple quand il est humide, retient l’eau sans former de croûte et laisse circuler l’oxygène. Les composants habituels sont la tourbe blonde ou ses substituts (fibre de coco, fibre de bois, écorce compostée très fine), du compost mûr tamisé et parfois un peu de sable ou de perlite pour l’aération.

Côté nutriments, la sobriété est de mise. Un terreau trop chargé en azote brûle les radicelles et favorise des plantules filiformes, qui s’étiolent et s’effondrent à la base.

Le pH idéal tourne autour de 6 à 6,5, légèrement acide à neutre, ce qui convient à la grande majorité des légumes.

Tourbe ou sans tourbe : le choix des jardiniers bio

La tourbe a longtemps été la base de tous les terreaux du commerce. Or son extraction détruit des tourbières, des puits de carbone vieux de plusieurs millénaires, et elle est incompatible avec la philosophie d’un potager bio. En France, la vente de produits à base de tourbe est progressivement encadrée pour les particuliers, et les rayons proposent désormais beaucoup de mélanges sans tourbe.

Ces alternatives se comportent différemment. La fibre de coco se réhydrate très bien, mais elle peut être salée si elle est mal lavée, et elle vient de loin. Les mélanges à base de fibre de bois ou de compost de déchets verts drainent bien, avec un risque : un compost mal tamisé ou trop riche déséquilibre le semis.

Pour s’y retrouver, cherchez la mention « utilisable en agriculture biologique » (logo AB ou conformité au règlement européen) et vérifiez que l’étiquette indique bien « terreau de semis » ou « semis et bouturage ».

Testez avant de vous engager sur un grand volume.

Fabriquer son propre mélange

Beaucoup de jardiniers préparent eux-mêmes leur substrat, avec une recette simple : un tiers de compost bien mûr passé au tamis de 5 mm, un tiers de terreau sans tourbe ou de fibre de coco, un tiers de sable de rivière ou de perlite. Le compost doit avoir au moins un an, sans morceaux reconnaissables, sans odeur d’ammoniac. Un compost jeune contient encore des composés qui inhibent la germination.

Le cresson offre un test de maturité fiable : semez-en dans un pot de votre mélange, et si plus de 80 % des graines lèvent en quelques jours, le compost est utilisable.

La terre de jardin, elle, a mauvaise réputation en godet pour de bonnes raisons. Elle se tasse, se couvre d’une croûte après quelques arrosages, et héberge des champignons responsables de la fonte des semis (Pythium, Rhizoctonia) ainsi que des graines d’adventices. Si vous en ajoutez, la proportion ne devrait pas dépasser un quart du volume, et mieux vaut la tamiser.

Désinfecter le mélange maison à la chaleur (30 minutes au four à 120 °C, ou à la vapeur) réduit les pathogènes, mais détruit aussi une partie de la vie microbienne utile. Beaucoup de jardiniers bio préfèrent donc éviter cette étape avec un compost de qualité.

Remplir et arroser les godets correctement

Humidifiez le terreau avant de remplir les godets, dans un seau, jusqu’à ce qu’une poignée serrée laisse perler quelques gouttes sans ruisseler. Un substrat sec versé directement repousse l’eau, surtout s’il contient de la tourbe ou de la fibre de coco très sèche, et les graines germent de façon inégale.

Tassez légèrement avec le fond d’un autre godet, sans compacter. Comptez une profondeur de semis égale à deux ou trois fois la taille de la graine, et recouvrez de vermiculite ou d’une fine couche de terreau tamisé pour limiter la croûte de battance.

L’arrosage se fait de préférence par le bas : on pose les godets dans un bac avec un centimètre d’eau, pendant dix à quinze minutes. Cette méthode évite de déplacer les graines minuscules (carotte, céleri, poivron) et garde le collet sec, là où commence la fonte des semis.

Des godets trop petits posent un autre problème. Un volume de 6 à 8 cm de côté suffit pour des laitues, mais les tomates, courges et choux supportent mal d’y rester longtemps.

Du semis au repiquage : quand changer de terreau

Dès que les premières vraies feuilles sont apparues (après les cotylédons arrondis), la plantule a épuisé ses réserves et commence à chercher de la nourriture. C’est le bon moment pour repiquer dans un substrat plus riche : deux tiers de terreau universel bio pour un tiers de compost tamisé fait très bien l’affaire.

Les tomates acceptent d’être enterrées jusqu’aux premières feuilles, car la tige émet des racines adventives. Poireaux et oignons, eux, réclament un repiquage au même niveau que dans leur godet de départ.

Pour les cucurbitacées (courgettes, potirons, melons), qui supportent mal le dérangement racinaire, mieux vaut semer directement dans un godet de 8 à 10 cm, rempli d’un terreau un peu plus nourrissant dès le départ, et éviter le repiquage.

Dernier détail pratique : conservez le sac de terreau entamé au sec, fermé, et à l’abri du gel. Un terreau humide resté ouvert plusieurs mois se couvre de moisissures et de moucherons du terreau (sciarides), dont les larves attaquent les racines fines des semis.