Les pois se sèment en place de février à avril, et de mi-octobre à fin novembre seulement pour les régions douces et les pois à grains lisses. Un rang de ridés semé en novembre, ou un rang de lisses en terre froide et détrempée, se retrouve vite à moitié vide.
Le premier suspect, c’est donc la variété.
- Les pois ridés ne supportent pas les semis d’automne, contrairement aux variétés à grains lisses adaptées aux régions méditerranéennes.
- Un sol humide et froid provoque la pourriture des graines avant germination plutôt que le froid lui-même.
- Une densité de semis accrue et un sol bien drainé compense les pertes de germination et les dégâts de ravageurs.
Deux familles de pois, deux calendriers
Les pois à écosser se divisent en grains lisses (ronds) et grains ridés. Les lisses résistent mieux au froid et se prêtent aux semis d’automne dans les climats doux et chauds. Les ridés sont nettement plus sucrés et tendres, mais ils supportent moins le gel. Chacun a donc son créneau.
La tradition du semis de novembre est ancienne. Les anciens jardiniers du sud de la France appelaient ces pois « pois de la Sainte-Catherine ». Sous Louis XIV, La Quintinie avait adopté cette méthode pour servir des petits pois primeurs à Versailles. Côté variétés, ‘Petit Provençal’ et ‘Douce Provence’ sont réputées pour leur résistance au froid, avec une récolte possible dès avril-mai l’année suivante.
Tout dépend de la région. En zone méditerranéenne, les grains ronds se sèment d’octobre à janvier ; en zone océanique et Sud-Ouest, d’octobre à novembre puis de février à avril ; en zone continentale ou nord, seulement en mars-avril. Dans la moitié nord, novembre n’est donc pas une option, même pour les lisses.
Ce qui se passe dans le sol entre novembre et mars
Le pois n’est pas frileux au point de refuser de germer au froid. Dès 5 °C, les graines se décident, mais elles prennent leur temps. Avec un sol autour de 10 à 15 °C, la levée se fait en une dizaine de jours, contre près de trois semaines au minimum thermique.
Le pois ridé, lui, réclame 15 à 18 °C le jour pour germer correctement.
Pendant ces trois semaines de lenteur, la graine reste exposée. Si elle met trop de temps à germer, elle peut pourrir dans le sol, être contaminée par une maladie, ou être mangée par des insectes ou des oiseaux. Le risque principal d’un semis trop hâtif n’est pas le froid en lui-même, mais le sol trop humide qui favorise la pourriture. Un sol lourd aggrave le tableau, car le pois se plaît en sol léger, frais et drainé et redoute un sol lourd ou calcaire. Et sous 10 °C, les graines germent très lentement, voire pourrissent avant d’avoir levé, et les plantules qui émergent restent chétives.
Rattraper le rang, et ne plus se faire piéger
Bonne nouvelle pour un rang clairsemé : il reste de la marge. Les pois à grains ridés peuvent encore être semés en mai, avec un arrosage régulier. La vraie limite vient de la chaleur : au-dessus de 25 °C dans la journée, les fleurs avortent et la production s’arrête.
Pour la prochaine fois, la densité fait une vraie différence. Une graine tous les deux centimètres compense celles qui ne germent pas et celles que les limaces grignotent. Comptez 3 à 4 cm de profondeur. Un semis d’automne gagne aussi à être couvert : un voile de forçage peut activer la germination.
Un thermomètre de sol enfoncé à 5 cm tranche la question.
Reste un dernier coupable, rarement soupçonné : le sachet lui-même. Les graines de pois ont une durée germinative de 3 à 4 ans, et passé deux ans, il vaut mieux semer plus de grains pour compenser la baisse de germination. Si vous gardez vos propres graines, 24 heures au congélateur avant le semis éloignent la bruche.
Sources : lesprit-nature.net | plandejardin-jardinbiologique.com