Mon potager mois par mois : le calendrier des semis, plantations et récoltes

Octobre sert à planter l’ail qu’on récoltera en juillet : au potager, certains gestes se posent neuf mois avant leur résultat. Pois et fèves semés à l’automne devancent de plusieurs semaines ceux du printemps, pour la même raison.

Les dates qui suivent valent pour un climat tempéré, type Centre ou Île-de-France. Sur le littoral méditerranéen, on avance de trois à quatre semaines, en montagne on retarde d’autant. Le meilleur repère reste la température du sol : autour de 10 °C pour semer carottes et pois, 12 à 15 °C pour planter tomates et courgettes.

À retenir
  • Octobre est le mois de plantation de l’ail, récolté en juillet suivant.
  • Le sol autour de 10 °C suffit pour semer carottes et pois.
  • Les tomates et courgettes se plantent quand le sol atteint 12 à 15 °C.

Janvier à mars : le potager se joue à l’abri

Janvier sert à tester les graines de l’an dernier : dix graines sur un papier humide, et si moins de six germent, mieux vaut racheter un sachet. Février ouvre les semis au chaud, piments et aubergines d’abord, qui exigent 18 à 20 °C pour lever. Les pommes de terre précoces passent le mois à germer en caissette, dans un local clair et frais, avant la plantation de mi-mars. Les tomates, semées en mars à l’intérieur, ont ensuite six à huit semaines de pépinière devant elles.

Mars, enfin, autorise la pleine terre.

Dès que le sol se ressuie, pois, radis, épinards, fèves et carottes hâtives passent dehors. Oignons et échalotes se plantent en bulbilles, la pointe affleurant. Un voile de forçage posé dessus gagne quelques degrés et protège des gelées de fin d’hiver.

Avril à juin : la bascule vers l’été

Les pommes de terre se plantent de la mi-mars à avril, à 10 cm de profondeur, avec 40 cm entre chaque plant. Betteraves, navets et laitues se sèment en continu, toutes les deux semaines, pour éviter de crouler sous vingt salades le même jour.

Mai réclame de la patience. Les saints de glace, les 11, 12 et 13 mai, marquent le dernier risque sérieux de gelée tardive, et beaucoup de jardiniers attendent le 15 pour repiquer tomates, courgettes, aubergines et basilic. Les haricots se sèment dès que le sol atteint 12 °C, puis tous les quinze jours jusqu’à la mi-juillet pour des récoltes étalées. Un paillage de tonte sèche ou de paille, posé sur sol humide, garde la fraîcheur et freine les herbes.

Juin apporte les premières vraies récoltes : fraises, petits pois, radis, salades.

Côté semis, il prépare déjà l’automne : choux de Bruxelles, brocolis et choux kale partent en pépinière, à l’ombre légère, pour un repiquage en juillet. Les tomates à croissance indéterminée demandent un pincement des gourmands chaque semaine et un tuteurage serré. Arroser au pied, tôt le matin, limite le mildiou que l’humidité sur le feuillage favorise.

Juillet à septembre : récolter, puis semer déjà pour l’hiver

En juillet, l’ail et l’échalote jaunissent : quand la moitié du feuillage est sec, on arrache, puis on laisse sécher une à deux semaines à l’ombre, dans un endroit aéré. Les planches libérées accueillent aussitôt carottes d’automne, navets et haricots tardifs.

Août déborde de tomates, de courgettes et d’aubergines. Une courgette cueillie entre 15 et 20 cm est plus tendre, et chaque fruit laissé à grossir freine la production du pied. Dès la fin du mois, mâche, épinards et radis d’hiver se sèment en place, tandis que la phacélie ou la moutarde couvrent les planches vides.

Septembre est le mois du rangement. Les pommes de terre de conservation s’arrachent une fois les fanes desséchées, et les oignons finissent de sécher en cagette. Les tomates qui ne rougiront plus mûrissent à l’intérieur, dans un tiroir avec une pomme, dont l’éthylène accélère le processus. Les fraisiers se plantent maintenant pour donner l’été suivant.

Les courges se cueillent quand le pédoncule devient liégeux, avant la première gelée.

Octobre à décembre : nourrir le sol pour l’an prochain

L’ail se plante d’octobre à décembre, caïeux pointe en haut, à 2 ou 3 cm de profondeur et tous les 10 cm. Il enracine avant l’hiver et donne des têtes plus grosses qu’un ail de printemps. Fèves d’automne et pois d’hiver suivent, avec un risque de perte si l’hiver est très rude.

Le compost mûr, après six à douze mois de maturation, s’étale en couche de 2 à 3 cm sur les planches, sans enfouissement : les vers de terre l’incorporent seuls. Les feuilles mortes, mises en tas grillagé, deviennent en un à deux ans un terreau de feuilles très fin.

Novembre est la saison des arbres fruitiers : pommiers, poiriers, groseilliers et framboisiers en racines nues se plantent de novembre à mars, hors périodes de gel. Poireaux, mâche, choux et panais restent en terre et se récoltent à la demande, tandis que carottes et betteraves se protègent sous un paillage épais. Décembre laisse la place à la révision des outils et au carnet de culture, où l’on note dates, variétés et rendements. Cette mémoire sert la rotation sur quatre ans, qui évite de ramener tomates, pommes de terre et aubergines, toutes solanacées, au même endroit.

Ces dates bougent d’une à trois semaines selon les années. Trois saisons de notes dans le carnet révèlent la date de dernière gelée propre à votre jardin, à quelques jours près, et un thermomètre de sol lu chaque matin à 5 cm de profondeur vaut mieux qu’un Calendrier imprimé.

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