Si vos têtes d’ail sortent petites à l’arrachage, ce n’est pas la terre : c’est le tri que vous n’avez pas fait en octobre

Les plus gros caïeux situés à la périphérie du bulbe donnent généralement les plus grosses têtes d’ail. Quand la récolte de juillet ressemble à des billes, on accuse le sol, la météo, la lune. La vraie cause se trouve plus souvent dans le panier de caïeux sorti de la cave en octobre, avant la plantation.

Un caïeu chétif donne, le plus souvent, une tête chétive.

À retenir
  • Les gousses extérieures des têtes d’ail sont plus vigoureuses que les intérieures et produisent les plus grosses récoltes.
  • Un caïeu chétif ou de petit calibre produit inévitablement une tête d’ail chétive.
  • Le tri des gousses doit éliminer les petits caïeux, les mous, les doubles et ceux présentant des taches suspectes.

Le pourtour de la tête, pas le centre

Une tête d’ail n’est pas homogène. Les gousses extérieures sont généralement plus vigoureuses, tandis que les gousses intérieures peuvent servir à produire de l’aillet, récolté dès le printemps. Autre argument pour viser gros : les bulbes de gros calibre contiennent plus de réserves nutritives pour soutenir la croissance initiale de la nouvelle plante. Gardez donc vos plus belles têtes de l’année précédente comme semence, et pas celles qui restent au fond de la cagette.

Une seconde sélection s’impose une fois les gousses séparées. Il faut écarter les caïeux petits, mous, doubles, ou qui présentent des taches suspectes.

Les semenciers bio, eux, vendent leurs caïeux au calibre, et l’écart se mesure. Un calibre 50/60 représente environ 120 caïeux au kilo, contre environ 220 pour un calibre 40/55. Presque le double de gousses dans le même sac, donc des gousses nettement plus petites. Les petits calibres se plantent d’ailleurs plus densément, ce qui montre bien que la taille de départ change tout dans les calculs d’un maraîcher.

Ces caïeux écartés ne sont pas perdus. Réservez les plus petits à l’aillet, ou consommez-les.

Les gestes d’octobre, dans l’ordre

L’ail blanc et l’ail violet se plantent d’octobre à décembre, l’ail rose en février et mars. Dans un sol lourd, mieux vaut attendre que la terre soit bien ressuyée, ou passer par une plantation sur buttes. Une plantation d’octobre laisse aux racines le temps de s’installer avant les grands froids.

Séparez les gousses au dernier moment.

Les bulbes ne se cassent en caïeux que quelques jours avant la plantation. La peau protectrice reste en place. La pointe se place vers le haut, à 3 à 5 cm de profondeur. Comptez 12 à 15 cm entre les plants et 25 à 30 cm entre les lignes. Côté semence, évitez les bulbes importés ou traités destinés à la consommation, dont la germination peut être mauvaise.

Ce que le tri ne corrige pas

Le sol garde son mot à dire, bien sûr. Une terre qui reste humide longtemps favorise les pourritures, d’abord sur les caïeux, puis sur les têtes en formation. Le fumier frais et les engrais organiques apportés avant la culture sont à proscrire. Dans un potager bio où l’on enrichit volontiers au compost, ce point mérite une vérification : un compost bien mûr, oui, un tas à moitié décomposé, non.

Le fumier frais fait pourrir les caïeux.

La récolte compte aussi. L’ail de conservation se récolte quand la moitié supérieure des feuilles est sèche. Nouer le feuillage quelques semaines avant l’arrachage aide à faire grossir les têtes.

Garder une partie de sa récolte chaque année reste la meilleure assurance. Conserver ses semences permet un meilleur contrôle des maladies et des ravageurs. À l’inverse, des semences infectées par des champignons ou infestées par des nématodes ou des virus produisent des plants chétifs et peuvent contaminer le sol. Si vos têtes dégénèrent d’une année sur l’autre malgré le tri, un lot de plants certifiés, comme certaines variétés d’automne vendues indemnes du virus OYDV, peut repartir sur une base saine.

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