Vos parois de serre sont encore couvertes de mousse verte et de traces de calcaire accumulées depuis le printemps ? Le compte à rebours est lancé. Passé les derniers jours d’octobre, les journées raccourcissent trop pour compenser la perte de lumière causée par un vitrage sale, et vos salades d’hiver plafonneront sans jamais former de pomme digne de ce nom.
À retenir
- Pourquoi un vitrage sale en hiver n’est pas qu’une question d’esthétique
- Une date limite qui change tout pour vos semis de salades d’hiver
- L’astuce que 90% des jardiniers oublient lors du nettoyage de serre
La lumière, seul carburant qui manque vraiment en hiver
Une serre protège du gel, tout le monde le sait. Mais son rôle premier en cette saison, c’est de capter le peu de soleil disponible. La lumière est le second facteur limitant en hiver, après la température. Les jours sont courts et le soleil est bas sur l’horizon. Chaque rayon compte, et un vitrage encrassé en intercepte une bonne partie avant même qu’il n’atteigne vos plants.
Le problème ne se voit pas toujours à l’œil nu depuis l’intérieur. La poussière, les algues ou les traces de calcaire peuvent réduire la quantité de lumière qui atteint les plantes. Résultat concret pour vos laitues d’hiver : sans assez de photosynthèse, la plante continue bien à produire quelques feuilles, mais elle n’a plus l’énergie nécessaire pour serrer son cœur et former une pomme compacte. Elle reste ouverte, chétive, presque en rosette. C’est précisément ce qui distingue une belle laitue d’hiver récoltée en février d’un plant qui aura végété tout l’hiver sans jamais devenir présentable dans l’assiette.
Un vitrage propre agit aussi sur la température ambiante, un cercle vertueux souvent oublié : nettoyer les parois de sa serre pour éliminer les lichens et la saleté permet de gagner en lumière et donc en chaleur. Deux problèmes réglés avec un seul geste, ce n’est pas si fréquent au jardin.
La méthode qui fonctionne, sans y passer un dimanche entier
Pas besoin de matériel sophistiqué. Nettoyez les parois de la serre à l’eau savonneuse et désinfectez avec la même eau mais additionnée de quelques gouttes d’huile essentielle de tea-tree si nécessaire, puis rincez à l’eau claire. Pour les dépôts de mousse plus tenaces qui s’installent en façade extérieure, une astuce naturelle a fait ses preuves : pour éliminer les mousses qui se forment sur l’extérieur des vitres ou de la bâche, le vinaigre blanc s’avère particulièrement efficace.
Un détail change tout mais reste souvent négligé : on ne lave qu’un seul côté. Or il faut penser à nettoyer les deux côtés du vitrage, car les parois extérieures sont salies par les intempéries qui laissent des traces de terre et de boue, tandis que les parois intérieures peuvent être contaminées par des algues ou des parasites. Un vitrage propre dehors mais encrassé dedans ne change rien au bilan lumineux de vos salades.
Pour les hauteurs difficiles d’accès, inutile de sortir l’échelle à chaque fois : une brosse à manche télescopique et un peu de patience suffisent, comme le recommandent plusieurs pépiniéristes. Profitez aussi de cette opération pour retirer tout ce qui filtre encore la lumière inutilement, filets d’ombrage oubliés depuis l’été ou plastique bulle mal fixé : pensez également à retirer les toiles d’ombrage qui n’ont plus aucune raison d’être là en cette saison.
Un calendrier de semis qui ne pardonne pas grand-chose
La fenêtre pour semer des laitues d’hiver sous serre est déjà étroite avant même de parler de nettoyage. Le meilleur moment pour les salades d’hiver était en septembre, mais début octobre, il n’est tout de même pas trop tard pour en semer quelques-unes sous serre. Passé ce cap, la plante démarre son cycle avec un déficit de lumière qu’un vitrage sale ne fait qu’aggraver. C’est l’effet cumulatif qui pose problème : un semis tardif combiné à une serre encrassée, et la pomme ne se formera tout simplement jamais avant le printemps.
La bonne nouvelle, c’est que ces variétés d’hiver ne demandent pas de chaleur particulière. Ces variétés naturellement résistantes n’ont pas besoin de chaleur, mais simplement d’une protection contre le froid et l’humidité de l’automne pour pousser sans développer de maladies. Si vos semis de laitues pommées sont déjà trop avancés dans la saison pour espérer une pomme correcte, misez sur une valeur sûre : la mâche est la variété d’hiver par excellence, très résistante aux parasites et peu sensible au type de sol. Elle se contente d’un vitrage moyennement propre et pardonne les semis un peu tardifs, contrairement à une batavia ou une laitue pommée classique qui a besoin d’un maximum de lumière pour serrer son cœur.
N’oubliez pas non plus le sol pendant que vous êtes dans la serre : pour que la germination se fasse correctement, la température du sol doit être supérieure à 5 °C. Un thermomètre planté à quelques centimètres de profondeur vous évitera de semer pour rien dans une terre encore trop froide, même sous serre propre et bien éclairée.
Ce que change vraiment un nettoyage d’automne
Un dernier point mérite d’être précisé, car il change la donne selon le type de structure : le polycarbonate ne se comporte pas comme une bâche de tunnel. Le polycarbonate a tendance à se salir plus rapidement que la bâche d’une serre tunnel. Si votre serre est en polycarbonate, comptez donc sur un encrassement plus rapide et une vigilance accrue dès la mi-septembre, bien avant que la date fatidique de fin octobre n’arrive. Pour une serre en bâche plastique classique, un simple passage au jet d’eau suivi d’un brossage doux au savon noir suffit généralement à retrouver une transparence correcte en une petite heure de travail, jardin par ailleurs déjà bien avancé vers l’hiver.
Sources : sunnyhomeofficiel.fr | atoutloisir.com