Oui, haricots et tomates font bon ménage, à condition de choisir le bon type de haricot. Le haricot nain se glisse au pied des tomates sans les gêner, alors que le grimpant leur dispute la lumière et les tuteurs. Cette nuance, absente de la plupart des tableaux d’associations, décide de la réussite du carré.
L’azote gratuit du haricot, lui, relève en partie du mythe.
- Le haricot nain s’associe bien à la tomate, le grimpant non
- Le haricot fixe peu d’azote, et seulement après décomposition de ses racines
- Un écart de 40 à 50 cm entre les deux cultures limite la concurrence
Ce que le haricot apporte vraiment à la tomate
Le haricot vit en symbiose avec des bactéries du genre Rhizobium, logées dans des nodules sur ses racines, qui captent l’azote de l’air. La tomate, grosse consommatrice d’azote, de potasse et d’eau, aurait de quoi en profiter. Mais l’azote fixé reste surtout dans la plante tant qu’elle est vivante, et ne rejoint le sol qu’avec la décomposition des racines et des feuilles. Le haricot commun fixe en outre nettement moins que le pois, la fève ou le trèfle, les vrais champions du domaine.
Le bénéfice arrive donc en fin de saison. En coupant les plants au ras du sol plutôt qu’en les arrachant, on laisse les racines et leurs nodules se décomposer sur place, au profit de la culture suivante, des choux ou des courges par exemple, gros mangeurs d’azote.
L’ombre procure un avantage plus immédiat. Un haricot nain, haut de 30 à 50 cm, couvre le sol au pied des tomates et ralentit l’évaporation en plein été. Un sol qui reste frais pendant les canicules limite aussi l’éclatement des fruits, provoqué par des arrosages irréguliers après une longue sécheresse.
Un effet répulsif du haricot sur les ravageurs de la tomate n’est pas démontré.
Les Trois Sœurs amérindiennes (maïs, haricot, courge) ont popularisé l’idée d’un potager où chaque plante aide sa voisine, mais le maïs y sert surtout de tuteur au haricot grimpant. Entre la tomate et le haricot nain, rien de tel : tout se joue sur la lumière, l’eau et l’espace.
Semis et plantation : les distances qui évitent la concurrence
Les tomates se plantent après les Saints de glace, soit à partir de la mi-mai dans la plupart des régions. Les haricots nains se sèment à la même période, quand le sol atteint 12 à 15 °C, car en dessous les graines pourrissent avant de lever. Comptez 50 à 60 cm entre pieds de tomates et 1 m entre rangs. Dans cet interligne, une ligne de haricots semés tous les 5 à 8 cm, à 3 ou 4 cm de profondeur, tient parfaitement à 40 cm des tomates.
Les variétés naines se récoltent en 55 à 70 jours environ. Un semis échelonné toutes les deux ou trois semaines jusqu’à la mi-juillet étale la cueillette jusqu’aux premières fraîcheurs de septembre.
Il faut cueillir les haricots tous les deux ou trois jours : une gousse oubliée mûrit ses graines et la plante cesse alors de fleurir. Les tomates réclament de leur côté un passage hebdomadaire pour l’ébourgeonnage et le palissage. Ces deux rendez-vous obligent à longer les mêmes rangs, donc à repérer très tôt une feuille tachée ou un plant qui faiblit.
La fertilisation demande un compromis, car la tomate réclame un sol riche (quelques kilos de compost mûr au mètre carré) alors que le haricot trop nourri en azote produit du feuillage au détriment des gousses. Le compost va donc dans le trou de plantation des tomates, pas en épandage sur toute la planche.
Grimpants, arrosage, acariens : les erreurs qui coûtent la récolte
Les haricots à rames atteignent facilement 2 m, comme les tomates indéterminées. Sur le même carré, les deux cultures se disputent la lumière et les tuteurs. Le feuillage dense retient l’humidité, terrain idéal pour le mildiou, qui ruine un plant de tomate en quelques jours quand les nuits sont fraîches. Si vous tenez aux grimpants, plantez-les à l’autre bout du potager, le long d’un grillage par exemple.
Les deux plantes redoutent l’eau sur le feuillage : la tomate à cause du mildiou, le haricot à cause de l’anthracnose et de la graisse bactérienne. Un arrosage au pied, le matin, sur un paillage de paille de 5 cm, règle l’essentiel du problème.
Les tétranyques, ou araignées rouges, s’attaquent aux deux cultures par tem